Étudier au Canada : les démarches à suivre (article en français uniquement)

Bonjour à tous et à toutes ! Un bon nombre d’entre vous m’ont demandé sur Facebook ou sur les autres réseaux sociaux (je ne citerai aucun nom) des détails sur comment venir étudier au Canada lorsqu’on est étudiant européen, que ce soit pour venir y faire son baccalauréat (licence) ou sa maîtrise (master). Étant étudiant français et en ayant fait toutes les démarches administratives depuis la France, je livre cet article pour des étudiants français uniquement (même si il doit avoir pas mal de points communs avec nos amis belges). Aussi, je ne traduirai pas cet article en anglais étant donné qu’il s’agit d’un sujet super spécifique qui n’intéresse pas forcément nos ami.e.s anglophones. Bien. Pour commencer, pourquoi venir au Canada pour y faire ses études et quelle est la différence par exemple avec un P.V.T (permis vacances travail) ? C’est ce que nous allons découvrir dans les prochains paragraphes ! (je reprends tout à zéro mais tu peux passer certains points si tu connais déjà et lire la suite directement).

1) PVT (Permis Vacances Travail) vs permis d’études (visa étudiant)

Le PVT (Permis Vacances Travail), ou ‘work holiday visa‘ en version anglophone, est un permis de travail « ouvert », ce qui signifie que vous avez la possibilité de travailler au Canada pour un ou plusieurs employeurs et que vous n’avez pas à trouver d’employeur avant de partir au Canada (comme c’est le cas pour les permis de travail « fermés ») (source). Le PVT Canada a une durée maximale d’un ou deux ans selon votre nationalité (deux ans pour les Français et un an pour les Belges) et vous permet de voyager au Canada, d’en découvrir la culture et d’y travailler. Le permis d’études repose sur un concept différent, celui de venir étudier dans le pays (c’est sur celui-là que je vais me centrer car c’est sur celui-là que repose toute mon expérience). Attention, il est important de le distinguer du programme Erasmus (Europe) ou d’échange universitaire, où vous avez la possibilité de venir suivre un programme à l’étranger tout en restant inscrit votre université d’origine. Il faut toutefois un permis d’études même pour partir dans le cadre d’un échange (de ce qu’il me semble à vérifier). Mais je vous parlerai dans cet article des études à long terme au Canada, c’est-à-dire dans le cadre de son baccalauréat (licence), ou de sa maîtrise (master canadien).

Crédit photo : Pixabay

2) Le permis d’études

Pour obtenir un permis d’études canadien, il faut tout d’abord avoir été sélectionné dans un programme canadien au préalable, et universitaire de 1er (baccalauréat) ou 2nd cycle (maîtrise et doctorat). Dans mon cas, j’ai été accepté dans un programme de maîtrise canadienne (master). Attention, un grand point important à souligner, la maîtrise ici est très différente, bien plus portée sur la recherche, et ne vous correspondra pas si vous recherchez du contenu moins théorique (et plus axé pratique/professionnel). L’université toutefois (dans mon cas l’ESG, l’École de Sciences de la Gestion) organise régulièrement des salons, forums et événements, avec énormément de possibilités de rencontres professionnelles, car tout fonctionne par réseautage au Canada. Enfin, pour revenir au sujet : au moment de demander votre permis d’études, vous devez avoir en main votre lettre d’acceptation dans un programme d’enseignement supérieur désigné (EED), un passeport ou titre de séjour valide, ainsi que « la preuve que vous avez les moyens de subvenir à vos besoins pendant votre séjour au Canada » (source). Mais avant ça, il faudra demander votre CAQ (Certificat d’acceptation au Québec) si votre université fait partie de cette province (c’était mon cas évidemment).

3 ) LE CAQ

Je ne suis pas très bien organisé, j’aurais du commencer par ce point-là car il faut demander votre CAQ avant de demander votre permis d’études. Si et seulement vous recevez votre CAQ par voie postale, alors vous pouvez faire la demande de permis d’études (en général plus rapide). Et oui c’est compliqué ! Le CAQ peut se demander en ligne, et en général on vous demande des renseignements relatifs à votre identité et vos capacités financières (et il faut payer évidemment autrement ce n’est pas drôle), et il faut bien faire attention à tout envoyer comme il se doit (au risque que la demande soit refusée après des mois d’attente). Pour vous donner une idée de la longueur des démarches, j’ai postulé à mon programme d’études début Janvier 2018, j’ai eu la réponse au mois de mai (et reçu ma lettre d’admission), j’ai ensuite fait ma demande de CAQ, je l’ai reçu en Juillet 2018 (autrement dit deux mois avant le début de mes cours), et j’ai du ensuite accélérer le processus pour demander le fameux permis d’études en question.

4) Le permis d’études (bis)

Alors, ce qui est bon à savoir, c’est que le permis d’études peut être demandé 100% en ligne et en général la procédure va assez vite (peut être pas dans la situation actuelle). Mais restons dans un contexte plus général : pour présenter sa demande, il faut donc fournir la lettre d’acceptation, votre CAQ, passeport ou titre de séjour, et la preuve de ressources financières (vous êtes étudiant donc il faut passer par un garant qui sera souvent votre père ou votre mère). Depuis Août 2018 je crois, il faut en plus fournir ses données biométriques (empreintes digitales). J’ai eu beaucoup de chance dans mes démarches car ayant demandé mon permis en Juillet 2018 juste après avoir reçu mon CAQ, je suis passé entre les mailles du filet. Attention les données biométriques vous seront demandées de nouveau lors d’un renouvellement de visa (là encore cela a été annulé à cause du Covid j’ai eu de la chance) mais elles ne vous seront pas demandées de nouveau si vous les avez déjà fournies (!). Pour résumer, le permis d’études est le précieux sésame car il vous sert de visa toute la durée de votre séjour au Canada, vous aurez également besoin de le scanner lorsque vous arrivez depuis la France à l’aéroport dans une ville canadienne, et il faut penser à l’emporter avec vous lors de vos déplacements ou voyages HORS CANADA, comme par exemple lors d’un déplacement en Europe ou aux États-Unis, sous peine de vous voir refuser votre entrée au retour sur le sol canadien. Un document donc essentiel, comme vous l’aurez compris.

Crédit photo : Pixabay

5) Et après ?

Une fois que vous avez en main ce précieux document (qui en général arrive vite par la poste), c’est le moment je crois de réserver votre billet d’avion. J’ai pris mon billet d’avion le 6 août 2018 alors que mes cours commençaient le 4 septembre, et j’ai attendu le 12 août l’année dernière lorsque je suis revenu au Canada, donc pas de panique, vous n’avez pas besoin de réserver vos billets d’avion des mois à l’avance. Vous trouverez toujours. Et pour pas très cher, en général depuis Paris Charles-de-Gaulle. Je vous recommande les compagnies Air Transat ou Air Canada (très sûres), je mets un bémol pour Corsair car c’est la compagnie qui ne m’a jamais remboursé mon billet inutilisé en avril dernier (vous savez pourquoi vu les circonstances), et je déconseille toutes les compagnies comme Level, etc. (en général quand un billet coûte moins de 450$, comme 200$, c’est mauvais signe !). Je vous conseille de réserver deux valises et pas plus. Personnellement je suis parti avec une seule valise, mais j’ai acheté beaucoup sur place. Je vous conseille aussi d’acheter toutes vos affaires d’hiver directement au Canada (ça vaut vraiment le coup, en termes d’économies et pour partir plus léger). Enfin, pensez à demander votre AVE (Autorisation de voyage électronique) lorsque vous prenez votre billet d’avion. L’AVE ne coûte que 7$ CAN et est associé au numéro de votre passeport (donc très facile à retrouver, il n’y a pas de problème normalement). Pour présenter une demande, vous devez avoir un passeport valide, une carte de crédit ou de débit, une adresse de courriel, et vous devez répondre à quelques questions sur la demande en ligne (source).

Crédit photo : Pixabay

6) La Sécurité Sociale (RAMQ)

Avant de partir, il faut vous rendre en France à la Sécurité Sociale et demander le fameux formulaire SE 401-Q-102. Ce formulaire est une attestation d’appartenance à un régime français préalablement au départ pour le Québec. En gros, cela vous permet d’être couvert là-bas, et ne pas payer en plus des frais d’assurance (en plus des frais de scolarité donc vous pouvez faire une estimation avant de partir). Il existe en effet un protocole d’entente entre le gouvernement du Québec et le gouvernement français concernant la sécurité sociale des étudiants français au Québec. C’est extrêmement important (voir essentiel) d’obtenir ce papier AVANT votre départ au Canada, afin de pouvoir, en arrivant, prendre rendez-vous à la RAMQ, apporter votre formulaire ainsi que votre attestation de scolarité, et ainsi recevoir votre carte d’assurance maladie (RAMQ). S’il vous arrive un problème ou quoique ce soit, c’est cette carte qu’il faut montrer pour que soient pris en charge vos frais médicaux par l’assurance maladie. J’étais bien content de l’avoir quand j’ai fait mon zona au mois de Janvier 2019 et de ne pas devoir payer 2000$ pour m’être rendu aux urgences ! (c’est compliqué de voir un docteur généraliste lorsqu’on est à l’étranger).

7) Obtenir un numéro NAS (Numéro d’assurance sociale)

Bon ça, techniquement, vous le faites faire en arrivant au Canada, mais quand même : prenez un rendez-vous le plus tôt possible ! Pourquoi le NAS ? C’est ce fameux numéro / papier ou attestation peu importe, qui vous permet de travailler jusqu’à 20h maximum à temps partiel et hors campus. Très important pour travailler si comme moi vous avez besoin de financer vos études ! On vous le demander toujours lors du processus d’embauche. Attention à ne pas dépasser ces 20h (même pression par votre boss), cela pourrait vous causer des ennuis, sauf en période de vacances scolaires (trimestre d’été etc). Attention, la carte RAMQ est à renouveler à la fin du permis d’études si vous restez plus longtemps au Canada (inutile de préciser que le permis d’études est à renouveler lui aussi évidemment). Et c’est là que ça peut poser problème, car pour eux vous repartez automatiquement dans votre pays et c’est donc à vous de signaler votre présence afin de pouvoir renouveler votre carte (et donc vos droits étudiants).

Crédit photo : Pixabay

8) Prendre RDV pour créer un compte en banque canadien

Vous pouvez prendre votre RDV en ligne avant de partir, ainsi une fois arrivé vous pouvez vous y rendre directement sur place. Alors oui, comme ça, l’immigration paraît comme une montagne de démarches à fournir (et c’est la vérité), mais vous verrez, vous serez vite transporté par la magie d’être dans un pays étranger et de vivre une vraie aventure avec vous-même ! Un vrai challenge ! Mon conseil général serait de s’y prendre toujours le plus tôt possible afin de gagner du temps et de pouvoir penser à autre chose. Caler tous vos rendez-vous administratifs dès la première semaine par exemple (si possible). La différence avec nos ami.e.s pvtistes et que nous étudiants devons tout de suite commencer les cours et gérer 10.000 trucs en même temps et cela peut être source de stress mais on y arrive ! L’organisation est le maître mot. Ah, et pour la banque je vous conseille Desjardins (la banque préférée de tous les étudiants en général !). Très facile d’accès et personnel accueillant et adorable. Et au Canada vous utiliserez deux cartes, la carte de débit et la carte de crédit (le banquier vous expliquera tout mais je vous conseillerais de ne pas utiliser la carte de crédit trop souvent !).

9) Pourquoi venir étudier au Canada ?

Très bonne question. La première raison et la plus simple est que cela constitue une super expérience et ajoute un plus à ton CV. La seconde, c’est pour la qualité de vie qu’il y a ici, même si évidemment il y a beaucoup d’inconvénients (au niveau de la rigueur des études et des sacrifices que cela comporte), mais je pense que c’est une bonne école de la vie en même temps, car la vie ne fait pas vraiment de cadeaux. Pour les rencontres, la découverte des paysages, une autre façon de vivre, de travailler, d’étudier. Aussi, obtenir un diplôme nord-américain vous permet de revenir travailler ou vivre plus tard au Québec ou au Canada. Lorsque vous avez un diplôme de France ils ne lui accordent pas une grande valeur, alors que vous venez avec un vrai plus avec un diplôme canadien et un master ici veut dire vraiment quelque chose, il n’est pas obtenu par la plupart des Canadiens donc cela signifie que vous avez un bon niveau dans votre domaine. Enfin, ce n’est pas mon cas pour l’instant mais vous pouvez demander votre permis post-diplôme lors de l’obtention de celui-ci, et qui vous permettra de rester travailler et vivre au Canada beaucoup plus facilement que si vous étiez venu en simple visiteur. Voici un article qui résume tout ce que j’ai dit.

10) Comment choisir son université ? (Montréal)

Je rajoute cette petite rubrique par rapport aux questions que j’ai reçues en lien avec l’article, il y a quatre grandes universités à Montréal, deux francophones, deux anglophones : l’UQAM, ou Université du Québec à Montréal, et l’Udem (Université de Montréal), francophones. McGill et Concordia proposent des cours dispensés en anglais. Et il y a aussi l’université de Sherbrooke (dont le campus principal se situe dans la ville de Sherbrooke) mais qui proposent aussi quelques cours à Montréal car ils ont un campus à Longueil. Évidemment, cela dépend du programme qui vous intéresse. L’Udem est une université beaucoup plus historique et dispose d’un superbe campus, très nord américain et un peu ex-centré. Au sein du campus de l’Udem on compte aussi HEC Montréal et Polytechnique. L’UQAM quant à elle dispose d’un campus situé en pleine ville et c’est là que se trouve l’École de Sciences de la Gestion (ESG), de bon niveau pour le genre de formations qu’elle propose. Enfin, McGill et Concordia sont aussi deux universités fort prestigieuses, et Concordia dispose d’un profil très international puisque les étudiants n’ont pas à apprendre le français pour intégrer les cours.

En conclusion

Et voilà, c’est un petit article qui est loin d’être exhaustif bien sûr, mais je voulais vous donner un petit avant goût de toutes les démarches et les procédures qui vous attendent ! Il faut être patient et bien organisé, mais bon apparemment c’est encore pire lorsqu’on désire rester après ses études et demander le permis post-diplôme et la résidence permanente ! Je pourrai compléter cet article au besoin au fur et à mesure si j’ai des retours ou des questions évidemment. C’était important pour moi de laisser derrière moi ma petite trace ou petite touche personnelle, je ne sais pas comment on dit. Je sais que lorsque je suis parti la première fois je paniquais un peu face à cette montagne administrative et la lecture de blogs m’a beaucoup aidé. Il y a aussi quelques vidéos sur Youtube, qui abordent plus le style de vie canadien mais quand même cela permet de se projeter un peu et de se faire plaisir. Voilà je pense que c’est tout pour aujourd’hui. À très bientôt pour un article un peu plus plus fun peut être. Votre dévoué Artyfixe.

Published by artyfixe

29 years old copywriter and content creator in Montreal, Canada Travels Food Photography IG: @arty_fixe

4 thoughts on “Étudier au Canada : les démarches à suivre (article en français uniquement)

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